En quoi consiste le test de conduite pour obtenir le certificat de conduite ?
Le test de conduite correspond, dans la réforme du 1ᵉʳ décembre 2025, à l’essai pratique réalisé par une équipe spécialisée avant la prescription d’un fauteuil roulant électrique. C’est nécessaire à la prise en charge par l’Assurance maladie. À l’issue de cet essai, l’équipe délivre un certificat d’aptitude à la conduite qui conditionne la prise en charge.
Qui réalise le test de conduite ?
C’est une équipe pluridisciplinaire avec au minimum un médecin de médecine physique et de réadaptation (médecin rééducateur) et un ergothérapeute. Selon les structures, un kinésithérapeute et un technicien du prestataire de matériel participent aussi.
Le test est obligatoire pour les fauteuils roulants électriques modulaires (FRE, FREP, FREV) et les scooters (SCO) et pour certaines aides à la propulsion électriques car le certificat d’aptitude à la conduite fait partie des pièces exigées pour la prise en charge.
Pour un fauteuil manuel simple sans motorisation, ce type de test n’est en général pas demandé.
Étape 1 : bilan médical et cognitif
Avant même de faire rouler le fauteuil, l’équipe interroge la personne sur sa pathologie, son autonomie, son environnement (domicile, trottoirs, transports, travail…) et son projet de vie.
Elle réalise ensuite un bilan moteur, sensitifet sensoriel (force, tonus, coordination, vue, proprioception…) et unbilan cognitif ciblé(attention, compréhension, capacité à suivre des consignes et à gérer plusieurs informations en même temps).
L’objectif est de vérifier que la personne possède les capacités nécessaires pour contrôler un véhicule motorisé lent en sécurité.
Étape 2 : essai pratique en intérieur
Dans un espace sécurisé (salle de rééducation, couloirs, plateau technique), l’équipe installe la personne dans le fauteuil, règle l’assise et les appuis. Elle explique le fonctionnement des commandes : joystick, boîtier spécial, commande par tierce personne…
Elle fait tester la mise en marche et l’arrêt du fauteuil, la gestion de la vitesse, les virages et demi-tours, le passage de portes, de couloirs et de zones plus étroites et le franchissement de petites pentes, rampes ou seuils adaptés au fauteuil testé.
L’équipe vérifie alors la précision des gestes, la capacité de freinage, la gestion des distances et la compréhension des consignes de sécurité.
Étape 3 : test de conduite en situation réelle
Pour un premier fauteuil électrique, les recommandations actuelles prévoient un test de conduite en situation urbaine ou écologique. Ce test se passe autour du centre ou au domicile ou dans le quartier lorsque c’est possible.
Ce test permet d’observerla conduite sur trottoir, le franchissement de pentes, rampes, bordures abaissées, l’entrée et la sortie de bâtiments, l’utilisation d’un ascenseur et parfois la traversée d’une chaussée au passage piéton, lorsque la situation s’y prête.
L’équipe évalue la capacité de la personne à anticiper les obstacles, conserver une trajectoire sûre, adapter sa vitesse, rester attentive pendant toute la durée du déplacement.
Pour certaines motorisations ou aides à la propulsion utilisées par un aidant (commande à l’arrière dite tierce personne), un test porte aussi sur la conduite par la personne accompagnante.
Les textes de la réforme demandent que le certificat atteste que les capacités cognitives permettent la maîtrise du fauteuil et que le modèle choisi est adapté au handicap et au projet de vie.
Le certificat d’aptitude à la conduite
Si l’essai pratique est jugé satisfaisant le médecin rééducateur rédige un certificat d’aptitude à la conduite.
Ce certificat confirme que la personne maîtrise la conduite de ce type de fauteuil ou de motorisation, décrit le type de dispositif et les principales caractéristiques et précise que les capacités cognitives permettent une utilisation sûre ;
Le certificat est joint à la prescription médicale envoyée à l’Assurance maladie.
Que se passe-t-il si on rate le test de conduite ?
Si l’essai montre des difficultés importantes, l’équipe propose en général une rééducation ou un apprentissage complémentaire. L’objectif n’est pas de recaler le patient, juste de s’assurer que le fauteuil payé par l’Assurance maladie sera bien utilisé.
L’équipe envisage éventuellement un autre type de fauteuil.
Le certificat d’aptitude à la conduite permet-il de rouler sur la route ?
Le certificat d’aptitude à la conduiten’est pas un permis de conduire au sens du code de la route.
Le certificat ne remplace pas un permis de conduire automobile, il ne crée pas de droit spécifique à circuler sur la chausséeet sert avant tout à sécuriser la prescription et à ouvrir le droit au remboursement dans le cadre de la réforme.